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Historique du Réseau Français de Télévision de Radio-Canada 1949 Le Parlement du Canada autorisait Radio-Canada à emprunter $4,5 millions pour établir un service de télévision à Montréal et à Toronto, stations qui devaient être opérationnelles en septembre 1951. 1951 Le gouvernement fédéral consentait un autre prêt de $1,5 million à la Société Radio-Canada afin d’implanter les stations de Montréal et Toronto. Le projet fut retardé d’au moins un an dû en partie et au manque de fonds, mais aussi à une pénurie d’acier et aux réticences du premier ministre du Québec, Maurice Duplessis. En mai la Commission Massey-Lévesque publiait son rapport et recommandait que la direction du régime national de radiodiffusion continue d’incomber à un seul organisme comptable au Parlement et que la Société Radio-Canada soit cet organisme, tel qu’il était alors constitué. Aucune station privée ne devait diffuser au Canada en tant qu’élément d’un réseau sans la permission de la Société Radio-Canada, encore que les exploitants privés devaient se voir accorder le droit d’en appeler de toute décision du Bureau des gouverneurs de Radio-Canada. Radio-Canada devait construire des stations dans les plus grandes villes du Canada et les stations privées complémenteraient le système en s’affiliant au réseau de Radio-Canada. Le 13 juin, le maire de Montréal, Camilien Houde, jetait la première pelletée de terre marquant le début des travaux de construction de l’antenne sur le mont Royal. La Société Marconi prêtait deux caméras à Radio-Canada pour la formation du personnel. Le gouvernement libéral présentait et adoptait un projet de loi visant à modifier la loi canadienne sur la radiodiffusion qui endossait presque toutes les recommandations de la Commission Massey-Lévesque. L’engagement gouvernemental était renforcé par une disposition prévoyant que la Société Radio-Canada recevrait pendant cinq ans une subvention annuelle de $6,25 millions. Le 2 juin, la mire de réglage était mise en onde pour la première fois à partir d’une antenne temporaire installée sur le toit de l’immeuble du mont Royal. Les installations comprenaient une régie centrale, deux studios, un car de reportage, un appareil de téléciné et un appareil d’enregistrement kinéscopique de films 16mm. Le 18 juillet eut lieu le premier reportage télévisé d’une partie de baseball grâce à des caméras installées au stade de Lorimier par Radio-Canada. Avènement de la télévision au Canada avec l’entrée en ondes officielle de CBFT Montréal (bilingue), le 6 septembre, en présence du maire Camilien Houde, du cardinal Paul-Émile Léger, du ministre du Revenu national J.J. McCann, et du président du Bureau des gouverneurs Davidson Dunton, ainsi que de CBLT, Toronto (anglais) le 8 septembre. La première émission diffusée le soir de l’inauguration de la télévision à Montréal s’intitulait « Club d’un soir ». CBFT comptait alors environ 300 employés. Le budget pour la première année d’opération était d’environ $8 millions. À ses débuts, la station diffusait 23 heures d’émissions par semaine partagées dans les deux langues, mais le français ayant préséance. 1953 Le 2 juin, transmission du couronnement de la reine Élizabeth II. Dès l’automne 1952, Radio-Canada avait décidé d’envoyer une équipe à Londres avec le matériel d’enregistrement sur film des images de télévision de la BBC. L’objectif était de montrer le couronnement à Montréal, Ottawa et Toronto, aussitôt que possible dans l’après-midi du 2 juin. Une fois développés à Londres, les films furent transportés à Goose Bay, Labrador, successivement par trois avions Canberra de la RAF. De là, des avions CF100 de l’aviation canadienne (CARC) les transportèrent à l’aéroport de St-Hubert où un hélicoptère les attendait pour finalement déposer les films sur le toit de l’entrepôt de la Northern Electric, sur la rue Guy, à deux pas de l’édifice de Radio-Canada. L’opération fut un succès : à 16h15, heure de Montréal, le premier enregistrement des cérémonies du couronnement fut diffusé par Radio-Canada ainsi que par les réseaux NBC et ABC alimentés par les studios de Radio-Canada à Montréal. En effet, les films enregistrés par les équipes des réseaux américains à Londres n’étaient pas encore arrivés à New York. En avril 1953, commençait à diffuser ses émissions exclusivement en français. En effet, grâce à un système de micro-ondes construit entre Montréal et Toronto, les émissions de langue anglaise ont pu être diffusées par la station anglophone de CBC, CBMT de Montréal, à compter du 10 janvier. 1954 Radio-Canada était diffuseur hôte pour les Jeux du Commonwealth à Vancouver. 1955 Le 25 juin, CBOFT Ottawa se joignait au réseau de télévision française. La station CKRS-TV de Jonquière était ouverte, devenant ainsi la troisième station privée affiliée francophone de Radio-Canada. En décembre, création de la Commission royale d’enquête sur la radio et la télévision, présidée par Robert Fowler, avec pour mandat d’examiner le financement de Radio-Canada. 1956 Le 21 juin, CFCL-TV de Timmins devenait une station affiliée aux deux réseaux (français et anglais) de Radio-Canada. Les émissions en français étaient diffusées le matin. Ce régime de partage entre les deux réseaux dura 30 ans. En mars, on comptait 8 stations de Radio-Canada et 24 stations privées. 1957 CKRN-TV, Rouyn-Noranda, devenait la sixième station affiliée au réseau français de Radio-Canada. 1958 Le 10 novembre, le gouvernement John Diefenbaker adoptait une nouvelle loi sur la radiodiffusion qui créait le Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion (BGR) pour réglementer la radiodiffusion canadienne, distinctement de Radio-Canada. J. Alphonse Ouimet était nommé président de la Société Radio-Canada (1958-1967). En décembre, les réalisateurs de Radio-Canada à Montréal se mirent en grève pour appuyer leur revendication du droit de se syndiquer et de négocier collectivement. La haute direction de Radio-Canada refusa de leur reconnaître ce droit sous prétexte que les réalisateurs avaient un rôle de gestionnaires, et le différend pourrit pendant trois longs mois remplis d’acrimonie. La direction finit par céder. 1959 Le 17 octobre, la station CHAU-TV, Carleton, ouvrait ses portes et devenait ainsi la 8ième station affiliée au réseau français de Radio-Canada. Le 26 juin, reportage spécial sur l'inauguration de la Voie maritime du Saint-Laurent par la reine Elizabeth II, le président américain Dwight Eisenhower et le premier ministre du Canada John Diefenbaker. R. L. Dunsmore était nommé président du conseil d’administration de la Société Radio-Canada (1959-1963). 1960 1962 Le dimanche 11 novembre, les réseaux français de la radio et télévision de Radio-Canada diffusaient pour la première fois, un débat politique au Québec, d’une durée d’une heure et demie, entre Jean Lesage, chef du Parti libéral du Québec et premier ministre du Québec et Daniel Johnson (père), chef de l’opposition et chef de l’Union nationale. Le modérateur était Raymond Charrette et l’annonceur Jean-Paul Nolet. Les journalistes invités étaient Paul Sauriol du journal Le Devoir, Gérard Pelletier de La Presse, Bill Bantey du journal The Gazette, Jean V. Dufresne du magazine MacLean, ainsi que Lucien Langlois et Clément Brown du Montréal-Matin. 1964 1965 1966 Le 1er septembre, avènement de la télévision en couleur au Canada. Le 31 décembre, retransmission à la radio et à la télévision de la cérémonie inaugurale du centenaire de la Confédération canadienne. Ouverture officielle du Centre international de radiotélévision exploité par Radio-Canada pour l’exposition universelle de 1967, à Montréal. 1967 1968 Le 1er février, George F. Davidson était nommé président de la Société Radio-Canada (1968-1972) alors que Laurent Picard était nommé vice-président de Radio-Canada français. Le 7 mars, le gouvernement libéral de Lester B. Pearson adoptait une nouvelle loi sur la radiodiffusion et confirmait le mandat de Radio-Canada comme diffuseur national. Il créait aussi le Conseil de la radio-télévision canadienne (CRTC) chargé de la réglementation et de l'attribution des permis, y compris la câblodistribution, qui remplaçant ainsi le BGR. Le 1er avril, Pierre Juneau était nommé président du Conseil de la radiotélévision canadienne (CRTC). Le réseau français de Radio-Canada diffusait alors environ 15 heures d’émissions en couleur. Premier débat télévisé entre les chefs des partis politiques au Canada; une coproduction Radio-Canada/CTV. 1969 1970 Le CRTC décidait d’exiger 60 % de teneur canadienne à la télévision publique et privée. 1971 1972 Lancement du satellite Anik I; Radio-Canada louait trois canaux pour la distribution radio-télévision. Diffusion des matchs de hockey Canada-Russie. Laurent A. Picard était nommé président de la Société Radio-Canada 1972-1975). 1973 Inauguration de la Maison de Radio-Canada à Montréal, en présence du premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau. 1974 Le 14 février, le secrétaire d’État Hugh Faulkner, dévoilait le plan accéléré de rayonnement destiné à mettre les services de radio et de télévision de Radio-Canada, anglais ou français, ou les deux, à la portée de toutes les localités canadiennes de 500 habitants ou plus. 1975 1976 Radio-Canada fut le diffuseur hôte pour les Olympiques d'été à Montréal. 1977 Radio-Canada installait un système de diffusion des débats à la Chambre des Communes à la demande du président de la Chambre. 1978 1982 Le 15 février, signature d’une entente de réallocation de fréquences entre Radio-Canada et la Télévision de la Baie des Chaleurs inc. (CHAU-TV – Carleton) afin d’étendre le service intégral de la Société Radio-Canada, Radio-Québec, et TVA à toute la Gaspésie et le nord du Nouveau-Brunswick. Inauguration du réseau de services CANCOM autorisé à distribuer la télévision par satellite aux régions éloignées. Pierre Juneau était nommé président de la Société Radio-Canada (1982-1989). 1985 1986 Un timbre commémoratif était émis à l'occasion du 50e anniversaire de la Société Radio-Canada. 1988 1989 Gérard Veilleux était nommé président et directeur général de la Société Radio-Canada (1989-1993). Patrick Watson était nommé président désigné du Conseil d’administration (1989-1991). 1991 1993 Anthony S. Manera était nommé président et directeur général de la Société Radio-Canada (1993-1995). 1994 1995 Guylaine Saucier devenait présidente du Conseil d’administration de la Société Radio-Canada (1995-2000). Perrin Beatty était nommé président et directeur général de la Société Radio-Canada (1995-1999). 1996 1997 La Télévision française de Radio-Canada remportait 15 prix Gémeaux pour ses productions internes et ses coproductions. Parmi celles-ci, on retrouvait 4 et demi…, Christiane Charrette en direct, La Facture, Bêtes pas bêtes,eet L’Écuyer. La série Omertà obtenait le prix de Téléfilm Canada pour la meilleure production canadienne de langue française. Deux reportages du Point recevaient également des honneurs. «Troc Made in Quebec», réalisé par Louise Lemelin et Hélène Pichette, décrochait notamment le Prix Judith-Jasmin et le Prix d’investigation du 12e Festival international du Scoop et du Journalisme. Le reportage de Claude-Jean Harel et Frédéric Zalac, «Les pensionnats autochtones», remportait entre autres le prix de l’Office des communications sociales et le prix du Canadian Ethnic Journalists’ and Writers’ Club. 1998 Le Comité international olympique octroyait à la Société Radio-Canada, en partenariat avec NetStar, les droits de diffusion des cinq prochains Jeux olympiques. La Chambre des communes décidait de ne pas adopter le projet de loi C-44, qui visait à nommer par décret les administrateurs de Radio-Canada à titre amovible. Cette décision rassurait les Canadiens au sujet de la non-ingérence dans la programmation de Radio-Canada. La Télévision française récoltait 47 prix Gémeaux remis par l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, dont 16 sont allés à des productions maison. Parmi celles-ci, mentionnons Christiane Charette en direct, La Facture, La Vie d'artiste, 4 et demi..., Découverte et Charles Dutoit et Jeanne d'Arc à Tokyo. Le Téléjournal recevait le Gémeaux de la meilleure émission d'information et État de choc celui de la meilleure émission spéciale d'information. Le Service des sports recevait aussi deux Gémeaux pour ses reportages diffusés à l'occasion des Jeux olympiques de Nagano. Parmi les coproductions récompensées par l'Académie, mentionnons Omertà II : La Loi du silence, qui recevait huit Gémeaux, dont celui du public, Sous le signe du lion, qui en a reçu six, L'Ombre de l'épervier, cinq, et Un gars, une fille, quatre. Tournée durant les Jeux olympiques d'hiver de Nagano, l'émission Harmonie, réalisée par Michel F. Gélinas, remportait quatre prix lors de la 42e Compétition de films et de vidéos du Japon, soit l'Or, le prix du ministre des Affaires étrangères, le prix du Asahi Evening et le prix du Japan Times. L'émission La Boîte à lunch, destinée au jeune public, se distinguait en récoltant quatre prix dont le Prix Jeunesse international, en Allemagne, et le Prix d'excellence (préscolaire) décerné par l'Alliance pour l'enfant et la télévision. 1999 Robert Rabinovitch était nommé président et directeur général de la Société Radio-Canada. Au mois d'août, le cabinet fédéral adressait au CRTC une demande d'examiner la pertinence de créer à l'échelle nationale un service spécialisé de télévision de langue française dans le domaine des arts et de la culture. En novembre, le CRTC annonçait qu'après avoir analysé les interventions reçues à ce sujet, il considérait que ce service pourrait contribuer à enrichir et à diversifier la programmation culturelle de langue française de haute qualité déjà offerte par le système de radiodiffusion, à ouvrir de nouvelles portes et à créer de nouvelles sources de financement pour les producteurs, les créateurs et les artistes canadiens. 2000 En février 2000 le CRTC lançait un appel pour un service spécialisé en français (La télé des arts) dont la programmation serait axée sur les arts. Radio-Canada et ses partenaires Télé-Québec, BCE Média inc., la Sept ARTE et l’Équipe Spectra, déposaient une nouvelle demande à cet effet dans les délais prévus. La demande était finalement approuvée le 14 septembre. 2001 Quatre-vingt dix pour cent des émissions diffusées par le réseau français de Radio-Canada étaient canadiennes. Quatre-vingt douze pour cent de l’écoute consacrée à Radio-Canada provenait de la programme canadienne. 2003 2005 Le lockout est survenu après 15 mois de négociations infructueuses, le conflit étant axé surtout sur l’embauche des contractuels, un domaine pour lequel la direction voulait obtenir plus de souplesse. Durant le lockout, le réseau français de Radio-Canada fut privé de reportages en provenance d’autres provinces, en particulier du parlement d’Ottawa, ainsi que de certains correspondants étrangers que Radio-Canada partageaient avec CBC. Les employés retournaient au travail à compter du 11 octobre après avoir accepté à 88.4%, une convention collective qui limitait le nombre d’employés contractuels que Radio-Canada/CBC pouvait utiliser. Rédigé par Yvon Chouinard – 2004 Sources : Circuit fermé – Édition spéciale 25 ans de télévision – 6 septembre 1977 Volume 13 No 12 – Organe du personnel de Radio-Canada Ici Radio-Canada – 50 ans de télévision française – Jean-François Beauchemin en collaboration avec Gil Cimon, Les Éditions de l’homme Ici Radio-Canada – 60 ans de radiodiffusion publique – Direction générale des communications de Radio-Canada – Juillet 1996 La radiodiffusion canadienne – Objectifs et réalités 1928-1968 – David Ellice – Gouvernement du Canada – Ministère des communications – 1979 Les communications en Gaspésie – D’hier à demain – Jean-Louis Roy, Cahiers Gaspésie culturelle – Société historique de la Gaspésie, 1984. http://www.rond-point.qc.ca/histoire/1962/Lesage-Johnson-01a.html Straight up – Private Broadcasting in Canada – 1918-1958 - T.J. Allard – The Canadian Communications Foundation – 1979 Fonds de la Société Radio-Canada – Bibliothèque de Montréal http://www.cbc.radio-canada.ca/htmfr/historique/ Souvenirs Télé de Normand Daoust http://pages.infinit.net/souvenir/ |
