Le premier réseau du Canada: Radio CNR

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Dans les années 1920, alors que les stations radiophoniques proliféraient aux quatre coins du pays, l'arrivée d'un joueur inopiné, les Chemins de fer nationaux du Canada, et l'intuition visionnaire de son deuxième président, Sir Henry Thornton, imprimèrent un ordre nouveau aux activités improvisées de la jeune radiodiffusion canadienne.

Thornton, un américain anglicisé, avait rapidement acquis la réputation d'un gestionnaire compétent et peu conventionnel au sein des compagnies ferroviaires de Pennsylvanie et de Long Island, aux États-Unis. Le rôle qu'il joua dans la résolution des problèmes du Great Eastern Railway, qui desservait un territoire densément peuplé au nord-est de Londres, en Angleterre, lui valut plus tard la célébrité internationale. Le roi George V le fit chevalier pour avoir coordonné la division de transport du corps expéditionnaire britannique en France pendant la Première Guerre mondiale.

Aussi accompli fut-il dans le domaine des transports, Thornton était un improbable candidat au rôle de parrain chargé d'établir l'infrastructure du réseau national de radiodiffusion qui allait devenir la SRC. Mais l'homme n'était pas un cadre ordinaire. Grâce à sa propre détermination, il s'est taillé une place dans l'histoire de la radiodiffusion de ce pays qu'il vint à aimer tendrement. Mais il a chèrement payé sa vision. Se heurtant à des intérêts commerciaux et politiques, il fut chassé du Canada et, pendant un temps, on le dépeignit comme une menace pour son pays d'adoption qu'il ne cherchait pourtant qu'à servir.

L'aventure canadienne de Thornton commença en 1922, lorsque le premier ministre Mackenzie King l'attira au Canada, non sans ruse, pour la plus grande mission de sa carrière. Dans la foulée des promesses trop ambitieuses du gouvernement libéral de Sir Wilfrid Laurier et de l'enthousiaste collaboration de nombreuses banques canadiennes et d'institutions financières britanniques, on avait bâti deux autres chemins de fer transcontinentaux plus tôt dans le siècle afin de briser l'impopulaire monopole du Canadien Pacifique. Malheureusement, il s'agissait d'un concurrent de trop.

Des coûts de construction excessifs, un trafic insuffisant et l'exode de capitaux étrangers durant la Première Guerre mondiale causèrent la perte des deux nouveaux chemins de fer. Au bord de la faillite, ceux-ci mirent en péril les régions qu'ils avaient ouvertes et ébranlèrent les fondements même des grandes institutions financières qui avaient ajouté leur contribution aux fonds engagés par Laurier au nom du gouvernement du Canada.

Ce fut au gouvernement conservateur de Sir Robert Borden de prendre les commandes et de protéger les contribuables ainsi que le secteur privé. La solution : placer sous le contrôle de l'État ces actifs de transport essentiels mais précaires, et les amalgamer à d'autres lignes que le gouvernement possédait déjà pour former les Chemins de fer nationaux du Canada peu après la Première Guerre mondiale.


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