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Québec, Montréal/Laval/Lanaudiére/Laurentides/Montérégie CKAC-AM, Montreal, Cogeco Inc.
1920 En avril, le ministère accordait une licence au journal La Presse pour opérer la station CKAC, en même temps que Marconi (CFCF), Northern Electric (CHYC) et Dupuis Frères Le 3 mai le journal La Presse annonçait qu’il allait faire installer sur le toit de son immeuble, au 7, rue St-Jacques, le plus puissant poste de radio d’Amérique qui allait opérer à la puissance de 2 000 watts sur 430 mètres. Le contrat entre la compagnie Marconi et le journal fut signé le 2 mai, soit quelques jours après la réception des lettres d’appel de CKAC des autorités fédérales. Jacques-Narcisse Cartier, journaliste et expert technicien de radio, devenait le premier directeur de CKAC, après avoir contribué à créer deux stations, l’une à New York et l’autre à Philadelphie, en 1920-1921, avec David Sarnoff de RCA. Il fut également un employé de Guglielmo Marconi, en Nouvelle-Écosse en 1908. Les auditeurs pouvaient alors se procurer un appareil récepteur pour environ $20.00 et devaient acquérir un permis au coût de $1.00 par année, afin de pouvoir bénéficier de la radio. On estime qu’environ 6 000 permis furent émis pour la période de 1922-1923. Toutefois, ce ne sont pas tous les auditeurs qui demandaient un permis. En septembre, on procédait aux premiers essais des appareils de radiodiffusion de CKAC. Le 20 septembre, 1922, Evelyn Marengo chantait sur les ondes. Quelques autres essais ont été faits dans les jours suivants jusqu’au lancement officiel de la programme complète le 27 septembre. La programmation quotidienne qui débutait à 2h00 p.m. donnait la météo, les cours boursiers de Montréal et New York et des nouvelles. La programmation de soir était diffusée tous les deux jours en alternance avec CFCF et comprenait des contes et historiettes ainsi que des causeries et des concerts par divers artistes. La station fermait alors à 11h00 p.m. Entre 1922 et 1924 CKAC diffusait seulement 12 heures et 30 minutes par semaine. La station CKAC était inaugurée officiellement le 2 octobre en présence des acteurs de cinéma Mary Pickford, d’origine canadienne, et Douglas Fairbanks. À l’époque CKAC diffusait en anglais et en français. Au cours de l’automne, la station faisait installer un orgue Casavant comme on en trouvait dans les bonnes salles de concert à l’époque. En décembre, le journal La Presse démontrait qu’on pouvait fabriquer soi-même un récepteur radio pour $5.00.
1923 CKAC commencait la diffusion hebdomadaire de l’émission Chantons en français qui eut beaucoup de succès. Le 5 avril, débutait une série de concerts réunissant de grands ensembles musicaux formés de plus de cinquante musiciens et constituant des fanfares ou des harmonies. Le même jour, CKAC diffusait pour la première fois au Québec, une pièce de théâtre intitulée Félix Poutré de l’écrivain Louis Fréchette. Le 12 juin, première diffusion en direct d’une œuvre de théâtre lyrique, l’opérette Les cloches de Corneville, avec un orchestre de 25 musiciens, un chœur de 38 chanteurs et des solistes professionnels.
1924 Le 27 avril, un incendie, allumé accidentellement par un photographe qui s’était approché imprudemment des tentures en velours du studio consumait bientôt la pièce entière. Les pertes furent alors estimées à $40,000. La compagnie Marconi accepta alors gracieusement de prêter les installations de sa station CFCF. Deux semaines plus tard, CKAC revenait en ondes par ses propres moyens.
1925 Relevant des défis techniques considérables, CKAC réalisait des reportages en extérieur durant la campagne électorale fédérale qui devait conduire à l’élection de Mackenzie King le 29 octobre. L’équipe de CKAC devait se déplacer avec un équipement mobile pesant 850 kilos. Le 19 octobre, CKAC transmettait en direct une immense assemblée politique, présidée par Mackenzie King, tenue au Forum et réunissant 18 000 personnes. Le soir du scrutin, le 29 octobre, CKAC diffusait en direct les résultats de l’élection, et pour l’occasion, CKAC jouait le rôle d’un diffuseur national, car le gouvernement fédéral avait alors interdit à toutes les autres stations radiophoniques du Québec et de l’Est du Canada de diffuser, afin d’éviter de brouiller les reportages transmis par CKAC. Après le refus du Club Canadien de transmettre les reportages des parties de hockey à partir du Forum, CKAC décidait de diffuser régulièrement des reportages à partir de Boston lorsque le Canadien affrontait les Bruins, grâce à une entente avec une station de Springfield.
1927 Alors que jusqu’à ce jour CKAC ne diffusait que des émissions en direct, la station commençait à présenter des disques en fin d’avant-midi, les mardis et les jeudis.
1928 En octobre, CKAC mettait en ondes, à 11h00 p.m., une revue de presse intitulée Le journal, aujourd’hui.
1929 En juin, un nouveau partage des longueurs d’ondes permettait maintenant aux stations de Montréal de diffuser toute la journée et simultanément sans interférences. On commençait à transmettre le signal horaire officiel qui devint vite un service commandité. En octobre, CKAC mettait en ondes un nouvel émetteur, érigé à Saint-Hyacinthe, faisant passer la station de 2 000 à 5 000 watts, sur une fréquence de 730 kilocycles et une longueur d’ondes de 410.7 mètres, devenant ainsi la station la plus puissante au Canada. CKAC déménageait ses studios dans l’édifice de la Banque de Commerce au 980, rue Sainte-Catherine. Les nouveaux locaux furent inaugurés le 19 octobre. Le 21 septembre, lors du Salon de la radio, CKAC annonçait une entente d’affiliation avec le réseau américain Columbia Broadcasting System (CBS) pour l’échange de grands concerts de musique classique. En décembre, CKAC signait une entente avec le gouvernement du Québec pour diffuser la célèbre série d’émissions éducatives et musicales, L’Heure Provinciale, d’une durée d’une heure, deux fois par semaine. Il s’agissait d’une tribune scientifique et artistique du Québec qui fut présentée jusqu’en 1939.
1930 Le 14 mai, CKAC présentait une autre requête pour augmenter la puissance à 50 000 watts. La station n’obtiendra cette autorisation qu’en 1958. Toujours au mois de mai, Jacques-Narcisse Cartier, qui était revenu à CKAC après avoir soigné sa tuberculose, fut le seul journaliste francophone autorisé à diffuser des émissions à partir du terrain d’amarrage à Saint-Hubert, lorsque le dirigeable R-100 vient à Montréal. Il fut aussi le seul à faire la traversée de retour à partir du 15 juin, vers l’Angleterre à bord du R-100 pour transmettre quotidiennement des reportages télégraphiques à CKAC. CKAC commençait à diffuser une émission d’une heure consacrée à la religion L’heure catholique.
1931
1932 La station rejoignait alors environ 1 million d’auditeurs francophones.
1933 Le 5 octobre, CKAC annonçait qu’elle diffuserait dorénavant à compter de 7h40 a.m. et n’interromprait plus ses émissions entre 1h30 et 4h30 l’après-midi. Le dimanche les émissions débuteraient dorénavant à 10h30 le matin pour se poursuivre jusqu’à 11h30 le soir. Finalement, la station ne fermerait plus les jours de fête.
1936 Roger Baulu animait le premier jeu questionnaire radiophonique au Canada intitulé Radio Encyclopédie.
1938
1939
1949
1950
CKAC diffusait alors à la puissance de 10 000 watts le jour et 5 000 watts la nuit.
1953
1958
1967
1968
1969 Avec l’arrivée du club de baseball Les Expos, le 14 avril, CKAC commençait la diffusion des matchs qui se poursuivra jusqu’au printemps 2004. Le commentateur Jacques Doucet deviendra la voix officielle pour décrire les matchs jusqu’à la fin.
1970
1974
1977
1985
1990
1994
1995 La mise sur pied de Radiomédia entraînait des pertes d'emploi et la disparition de six stations AM, dont CJTR (Trois-Rivières), CJRP (Québec), CJRS (Sherbrooke), CJMT (Chicoutimi), CKCH (Hull) et CJMS (Montréal). Cette dernière opérait à Montréal depuis le 24 avril 1954. En septembre, débutait l’émission Deux psys à l’écoute avec le Dr. Pierre Mailloux. L’émission sera diffusée jusqu’en 2002.
1997
1999
2001 Le 21 décembre, le Commissaire de la concurrence du Canada annonçait qu’il s’opposerait par le biais du Tribunal de la concurrence, à l’acquisition par Astral Média des huit des stations (6 stations FM et 2 stations AM) de radio de langue française appartenant à Télémédia situées au Québec et à l’acquisition de l’intérêt de 50% que détenait Télémédia dans Radiomédia, comprenant CKAC (Montréal) et CHRC (Québec).
2002 Le 12 août, l’émission Deux psys à l’écoute devenait Doc Mailloux, toujours avec le psychiatre Pierre Mailloux. Le 3 septembre, le Bureau de la concurrence annonçait qu’il avait conclu une entente permettant de résoudre les problèmes de concurrence soulevés par le projet d’acquisition par Astral Média des stations de radio de Télémédia au Québec. Selon cette entente, les stations AM des deux compagnies dans chacun des six marchés en cause devaient être vendues. Par contre, Astral pouvait conserver les quatre stations FM du réseau Rock Détente de Télémédia ainsi que la station CFOM-FM (Lévis). Suite à la décision du Bureau de la concurrence du 21 décembre 2001, Astral Média annonçait le 12 septembre avoir vendu sept stations de langue française, à une nouvelle entreprise créée conjointement par le Groupe TVA et Radio Nord Communications, pour la somme de $12,7 millions. Outre la station montréalaise CKAC, la nouvelle entreprise (détenue à 60% par TVA et à 40% par Radio Nord Communications) achetait ainsi toutes les stations AM de langue française d'Astral au Québec, soit CJRC (Hull/Gatineau) et CKRS (Saguenay), CHLT (Sherbrooke), CHLN (Trois-Rivières) et CHRC (Québec). Elle mettait également la main sur CFOM-FM (Lévis). Par cette transaction, Quebecor, détenteur du Groupe TVA, faisait son entrée dans le domaine de la radio.
2003 Le 2 juillet, le CRTC refusait d’approuver la transaction entre Astral Média et le groupe TVA/Radio-Nord en raison de ses préoccupations concernant la concentration de la propriété et de la propriété croisée des médias. Le 2 septembre, le groupe Astral Media annonçait qu'il avait cette fois vendu, pour la somme de 12 millions de dollars, les stations que le CRTC avait refusé de transférer à TVA/Radio-Nord. Les nouveaux propriétaires en seraient Gaétan Morin, un éditeur de livres scolaires, et Sylvain Chamberland, un homme de radio qui était alors directeur général de CKAC.
2004 Entre temps, le 23 mars la diffusion des matchs des Expos qui se faisait à CKAC depuis 35 ans, était transférée à la station FM 98,5 (CHMP-FM - Anciennement CIEL-FM et COOL-FM) appartenant à Corus Entertainment. Le 30 mars Astral Média annonçait une entente avec Corus Entertainment pour lui vendre les sept stations AM, incluant CKAC, et la station CFOM (FM) de Québec. En retour, Corus allait transférer à Astral cinq stations FM situées en régions, au Québec. Selon les plans de Corus, la station CKAC allait devenir une station spécialisée dans le sport et la santé.
2005 Le 18 février, le syndicat des employés de CKAC décidait d’en appeler auprès du cabinet fédéral de la décision du CRTC d’autoriser la vente de CKAC à Corus Entertainment. Le 18 avril, le conseil des ministres fédéral annonçait qu’il avait rejeté l’appel du syndicat des employés de CKAC, donnant ainsi l’aval définitif de la vente de CKAC à Corus Entertainment. Le 30 mai, après 80 ans d’existence, CKAC fermait son service de nouvelles. À compter de cette date, les bulletins de nouvelles furent diffusés à partir de Corus Nouvelles dans les studios d’Info 690. Une vingtaine de journalistes de CKAC perdaient ainsi leur emploi.
Me Bernard Montigny, Les débuts de la radio à Montréal et le poste CKAC, Mémoire de maîtrise es arts (M.A.), Université de Montréal, Janvier 1979 |
