L’Association canadienne des radiodiffuseurs En 1925, au milieu des années folles, la radio était la toute dernière nouveauté en divertissement. Le Canada ne comptait que 40 stations de radio et très peu de foyers étaient équipés d’un poste récepteur. En effet, la plupart des auditeurs n’avaient qu’un récepteur à cristal et un casque d’écoute. Cependant, la législature fédérale estimait que la situation justifiait un projet de loi visant à modifier la Loi sur le droit d’auteur pour y inclure la « radiocommunication » et tenir les stations de verser des droits d’auteur pour la musique qu’elles passaient à leurs antennes. On ne pouvait y déroger, comme en atteste le cas de la station CKNC de Toronto qui fut menacée de poursuite en justice si elle ne s’acquittait pas de ses redevances de droit d’auteur. Devant cette nouvelle réalité, les propriétaires de stations de radio se sont consultés. Ils se sont ensuite réunis à Montréal le 7 janvier 1926 et ont élu A. R. McEwan du Canadien National à la présidence. Des représentants de presque toutes les stations de radio du Canada central ont assisté à cette rencontre où la discussion fut entièrement consacrée aux droits d’auteur. Ils ont convenu qu’ils seraient probablement tenus de payer, mais combien au juste? Ils se sont également entendus sur la nécessité de mettre sur pied un organisme national des radiodiffuseurs, qu’ils ont baptisé « Association canadienne des radiodiffuseurs », et ils ont créé un comité chargé d’établir l’endroit et la date de la première rencontre de leur nouvelle Association. La première assemblée générale annuelle de l’ACR a eu lieu à l’Hôtel King Edward de Toronto, le 28 janvier 1926. Malgré les intérêts variés du groupe, ses membres ont convenu à l’unanimité de mettre sur pied « l’Association canadienne des radiodiffuseurs » et ont élu Jacques Cartier de CKAC de Montréal comme premier président de l’Association. Les délégués n’ont pas tardé à endosser le nom de la nouvelle association; ils acceptaient que les détenteurs de droits d’auteur devraient être payés, mais la question du montant demeurait toujours sans réponse. Ils ont alors lancé une campagne de pression dans le but de faire examiner la question par une commission royale et leurs efforts ont porté fruit. Les recommandations découlant de l’enquête effectuée par la commission ont abouti à la mise sur pied d’un organisme impartial, à savoir la Commission d’appel du droit d’auteur. Les travaux de l’ACR se centreront sur les négociations visant le droit d’auteur jusqu’au prochain siècle. C’est à cette époque que la International Bible Students’ Association s’est heurtée à des difficultés en raison des idées controversées qu’elle exprimait sur les ondes de ses stations de radio, le résultat étant que le gouvernement fédéral a refusé de renouveler la licence de cette association internationale des étudiants de la bible. Dans le tollé qui s’est élevé à Ottawa, l’opposition, tout à fait indignée par cette décision, se préoccupait du fait que le gouvernement puisse refuser la licence de n’importe quel service sans justification. Il en résulta la mise sur pied de la Commission royale Aird dont le mandat consistait en le premier examen officiel de la radiodiffusion. Puis, ce fut le krach boursier de 1929. Soudainement, tout était au ralenti. Ce n’est qu’en 1932 que le gouvernement donne suite à une partie du Rapport Aird et crée la Commission canadienne de la radiodiffusion, laquelle gouvernait non seulement tout ce qui s’appelait radio au Canada, mais a également acheté les trois stations de radio du Canadien National et mis sur pied son propre réseau composé de ces trois stations et de stations privées à titres d’affiliées pour desservir les centres de population plus importante à travers le pays. En 1929, c’est M.K. Pyke de CHYC de Montréal qui succédait à Jacques Cartier comme président, poste qu’il occupa durant deux ans, pour ensuite laisser sa place à Harry Moore de CFRB de Toronto qui fut président de 1931 à 1934. La Canadian Radio League de Graham Spry, qui a vu le jour en 1930, s’employait à pousser le gouvernement à établir un système de radiodiffusion véritablement national appartenant au gouvernement et exploité par celui-ci. Bien qu’elle préconise l’adoption des recommandations découlant du Rapport Aird et qu’elle ait l’oreille de nombreuses personnalités politiques de l’époque, la ligue n’a pas entièrement obtenu gain de cause. Elle a toutefois remporté un certain succès et a continué à faire des pressions pour faire imposer davantage de restrictions sur les radiodiffuseurs privés. En 1936, le gouvernement renforçait sa mainmise sur la radiodiffusion privée avec la création de la Société Radio-Canada (SRC) et son pendant anglais, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), qu’il autorisait à contrôler tous les réseaux et à recommander qui aurait droit à une licence pour exploiter une station. On avertit les radiodiffuseurs qu’ils risquent de se voir refuser le renouvellement de leurs licences respectives et que s’ils apportent des améliorations à leurs installations, ils le font à leurs propres risques. Ironie du sort, ceux qui ont tenu compte de cet avertissement se sont faits critiquer pour avoir négligé de moderniser leurs stations afin de pouvoir concurrencer avec les services américains. De même, certains radiodiffuseurs qui ont donné suite à la demande de faire davantage appel aux talents locaux, ont fait l’objet de vitupération au motif qu’ils étaient trop commerciaux parce qu’ils vendaient plus de publicité pour faire leurs frais. L’ACR à l’échelle nationale Si la radiotélédiffusion privée existe aujourd’hui, c’est largement grâce à un petit groupe de pionniers bien décidés qui ont résisté aux tentatives de nationaliser leur commerce à l’époque où il faisait ses premiers pas. Malgré la menace que représentait la nationalisation, plusieurs membres clés ont reculé devant la possibilité de s’y opposer et ont démissionné de l’ACR. Presque réduite à l’impuissance et ayant à peine 1 000 $ dans ses coffres, l’Association était sur le point de s’effondrer. Convaincus que l’autoréglementation stricte constituait le meilleur moyen d’empêcher la nationalisation, les membres qui restaient ont refusé de se laisser décourager. Ils ont convoqué une réunion d’urgence et ont convenu de maintenir l’ACR à flot.
Établir une base solide En 1941, l’ACR montait son premier bureau et établissait son premier exécutif permanent pour traiter avec le réglementateur de la radiodiffusion et s’occuper de plusieurs enjeux clés, entre autres les droits de licence, la taxation, les droits sur le matériel et les normes techniques. De plus, il y avait toujours un comité permanent sur les questions se rapportant au droit d’auteur.
Croissance et stabilité
En 1953, M. Allard se voit accorder une promotion au poste de vice-président exécutif. Il assurera ce poste pendant 20 ans. L’autorisation, en 1953-1954, des premières stations de télévision privées au Canada, entraîne l’adoption d’un nouveau nom pour l’Association. L’ACR devient l’Association canadienne des postes de radio et de télévision (ACPRT), mais cinq ans plus tard, on réintègre le nom ACR/CAB pour des raisons de simplicité. La Radio Privée du Québec Inc. fut dissolue en 1954 et remplacée par l’Association canadienne de la radio et la télévision de langue française. De concert avec l’ACR, cet organisme provincial a établi un bureau à Montréal dans le but de servir les deux associations et de donner plus de poids aux membres francophones œuvrant au Québec. L’ACR ouvrait également des bureaux de vente de publicité à Toronto et à Montréal. En plus de ses travaux dans les domaines de la réglementation et de la publicité, l’ACR s’était orientée vers la programmation avec la mise en ondes, par le bureau d’Ottawa en 1945, du Report from Parliament Hill, qui consistait en un rapport hebdomadaire que les députés fédéraux communiquaient aux électeurs de leur circonscription respective. Plus tard, cette initiative fut suivie par l’échange d’émissions de l’ACR pour permettre à d’autres stations de participer à l’échange de la programmation locale. Ces deux projets ont connu beaucoup de succès et ont continué pendant de nombreuses années.
Pendant cette période, l’ACR a continué à poursuivre son principal objectif de faire établir un organisme indépendant pour réglementer l’ensemble de la radiotélédiffusion. Même si la SRC et la CBC faisaient fonction de réglementateur, elles étaient aussi des concurrentes qui tâchaient de s’attirer l’auditoire et une part des recettes publicitaires. On a présenté plusieurs mémoires à des commissions royales et à des comités parlementaires, et communiqué ces renseignements au grand public. En 1955, une autre Commission royale chargée d’examiner le domaine de la radiotélédiffusion a vu le jour. Dans son rapport, nommé le Rapport Fowler, présenté en mars 1957, elle recommandait que la SRC-CBC cède ses fonctions de réglementation. Avec la défaite des Libéraux lors des élections tenues l’année suivante, soit en 1958, le nouveau Premier Ministre conservateur John Diefenbaker ne tarda pas à faire adopter une nouvelle Loi sur la radiodiffusion, laquelle prévoyait la mise sur pied d’un nouvel organisme de réglementation, le Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion (BGR). L’ACR avait finalement gagné la bataille qu’elle avait si longuement et durement livrée. À l’époque, le Canada comptait 172 stations de radio, dont 28 stations FM, ainsi que 38 stations de télévision. L’arrivée d’un deuxième service de télévision Le BGR donne suite rapidement à la demande de l’ACR en vue d’obtenir une deuxième série de licences de télévision dans les villes principales qui étaient jusque-là la chasse gardée de la SRC-CBC. Il permet également aux radiodiffuseurs d’avoir accès aux fréquences FM, mesure que la SRC-CBC reportait depuis 1948. Pour l’ACR, les prochaines dix années d’existence du BRG, furent une suite ininterrompue de questions découlant du changement de réglementateur. Les nouveaux règlements régissant la radio FM mettaient beaucoup l’accent sur les genres musicaux, les contrôles sur les émissions avec participation téléphonique des auditeurs, les préoccupations quant à la violence à la télévision et l’assouplissement des règles gouvernant la publicité pour la bière et le vin, pour ne nommer que quelques-unes des questions abordées, le programme du personnel et des Conseils de l’ACR était très chargé. La télévision en était maintenant au point où elle occupait beaucoup du temps du Conseil d’administration de l’ACR. Il fut donc décidé qu’il y avait lieu de créer deux sous-sections du Conseil, à savoir une pour la radio et une pour la télévision, et d’accroître le personnel en conséquence. En 1963, une suite de controverses mettant en jeu l’ACR, la SRC-CBC et le BGR a poussé le gouvernement à exiger que les chefs de ces trois organismes mettent sur pied un comité – qui a rapidement été baptisé « la troïka » – pour examiner les divers conflits, comme certaines des recommandations mises de l’avant par la Commission Fowler et la tempête de protestations qui fut déclenchée lorsque CTV a acquis les droits de télédiffusion du match de la Coupe Grey, qui appartenaient jusque-là à la SRC-CBC. En fin de compte, Don Jamieson de l’ACR, J. Alphonse Ouimet de la SRC-CBS et Andrew Stewart du BRG ont chacun présenté leur propre rapport, mais il faut dire que celui de l’ACR et celui du BRG avaient de nombreux points en commun.
Fondant sa décision en partie sur ce que conseillait le Rapport Fowler de 1966, le gouvernement adoptait une nouvelle Loi sur la radiodiffusion en 1968. Cette nouvelle version de la Loi prévoyait la création du Conseil de la radio-télévision canadienne (CRTC), ce qui a complètement changé l ’environnement dans lequel opé rait l ’ACR au cours des années 1970. Durant ces années, les présidents furent Raymond Crépault (1969-70), Bill McGregor (1970-71), Henri Audet (1971-72) et Don E.M. Hamilton (1972-73). La question du contenu canadien Une des conséquences notables de l’arrivée du CRTC, présidé par Pierre Juneau, fut la pression exercée sur les radiotélédiffuseurs, dans les années 1970, d’augmenter la quantité de contenu canadien dans leurs émissions. On a proposé des nouveaux règlements exigeant que les radiodiffuseurs augmentent, de façon non négligeable, les œuvres des artistes canadiens de la musique et que les télédiffuseurs consacrent davantage de temps et d’argent aux dramatiques canadiennes. L’ACR a réagi à la volonté de ses membres en manifestant une opposition résolue envers ces propositions, mais même si elle a remporté quelques petites victoires, la majorité des mesures proposées par le CRTC sont restées en place. En raison de cette situation, certains des principaux télédiffuseurs se sont désassociés de la position prise par l’ACR et ont démissionné de l’Association. Ils en redeviendront membres plusieurs années plus tard.
En 1986, l’Ordre du mérite de l’Association canadienne des radiodiffuseurs a vu le jour pour rendre hommage aux pionniers du domaine qui se sont distingués pendant le stade initial de l’industrie. Quatre-vingt-six hommes et femmes ont été reçus à l’Ordre du mérite lors de l’assemblée générale annuelle qui s’est déroulée à Vancouver. On y ajoute jusqu’à une douzaine de plus chaque année depuis l’établissement de cette tradition. Restructurer pour les années 90 et au-delà
Une autre initiative majeure qui s’est réalisée sous la direction de M. McCabe fut « EN ONDES POUR LE CANAD », une campagne nationale primée d’annonces radiotélédiffusées dont le but était de favoriser une société davantage tolérante. Plus que jamais auparavant, les comités parlementaires et sénatoriaux, le CRTC, Patrimoine canadien et les divers groupes représentant l’industrie s’intéressaient à connaître le point de vue de l’Association dans une perspective plus large. L’ACR a favorisé des rapports plus étroits avec les secteurs de la câblodistribution et de la musique et, en 1998, elle lançait les Prix annuels de la musique de la radio canadienne. Elle a également inauguré des programmes pour reconnaître les étudiants doués du domaine avec la remise annuelle de bourses d’études, ainsi que les réalisations des radiotélédiffuseurs sur le plan de la programmation et du service à la collectivité avec la création des Prix du Ruban d’or de l’ACR. La publication, par l’Association, de ses codes sans précédent sur la violence à la télévision, les émissions pour les enfants, les stéréotypes sexuels et la présentation des groupes minoritaires fut bien reçue par le public. Elle a également fait œuvre de pionnier en créant, en 1990, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR). Unique en son genre en Amérique du Nord, cet organisme se charge de recevoir et de trancher les plaintes du public au sujet du contenu radiotélédiffusé. L’avenir
Après 80 ans d’existence, pendant lesquels elle a veillé à l’épanouissement de la radiotélédiffusion privée depuis son enfance où elle était considérée une lubie passagère jusqu’à sa transformation en une industrie canadienne majeure, l’ACR continue à jouer un rôle de première importance à titre du porte-parole de la radiotélévision privée. Ce document sur l’histoire est gracieusement offert par la Fondation des communications canadiennes. Pour en savoir davantage sur l’histoire de la radiotélédiffusion, cliquer ici. Pour obtenir les dernières nouvelles sur les activités de l’ACR, visiter le site: http://www.cab-acr.ca À partir de 1973, l’ACR/CAB a décidé que le président devait être un poste à temps plein dont le premier titulaire fut le Dr. Pierre Camu. Toutefois, l’association a continué d’élire chaque année, un président du conseil issu de ses membres. Les présidents du conseil élus depuis 1973 ont été les personnes suivantes:
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